Blog
Lundi 29 Juin
|
Humeur : Fatiguée Dernier Ciné : - Dernier DVD/TV : Kamikaze Girls Ecouter : Rien Lire : - Penser : Baby, make my stars shine bright Projets : Thaïlande Desktop : Angelic Pretty |
Je me dis desfois, je vivrais bien dans un film américain pour ado. Genre "Camp Rock" tsé, un bon truc à la Disney là.
Je serais la meilleure amie de Trucmuche, la fille secondaire mal dans sa peau, un peu gothique tsé, ou intello à lunettes, un peu transparente à côté de Trucmuche qui chante trop bien et qui va finir avec Zac Efron, mais terriblement attachante avec ses maladresses, son mal-être et son don pour écouter les autres.
Au début du film, elle serait déjà maquée - on ne sait pas trop pourquoi - avec son meilleur pote, un type à lunettes, timide et ultra gentil, un peu loser, outsider. Et pendant que Trucmuche s'égosillera à plein poumon pour faire briller les yeux de son jeune premier, bah je me retrouverai sous le charme d'un beau gosse lambda qui aurait fait le pari de me séduire avec des potes. Innocente malgré mon air blasé par la vie, je serais proche de tomber dans son piège machiavélique de séduction jusqu'à ce que Trucmuche découvre le plan diabolique et que je me rende compte avec effroi que j'allais faire du mal à mon copain, le plus gentil de tous. Et il me pardonnerait parce que la fin se doit d'être heureuse et nous serions tous heureux.
Et le film finirait dans une superbe scène finale, avec un baiser hollywoodien entre Trucmuche et Machin, de la musique pop aux paroles mièvres, des paillettes tomberaient du ciel, des danseurs feraient des pirouettes et tout le monde se prendrait dans les bras avec une orgie de sourires ultra-bright (sauf les 2 méchants, forcément, le séducteur et sa comparse blonde péroxydée qui a voulu saboter la choré de Truchmuche).
Personne ne se demanderait ce que deviendraient les personnages après ça, parce que là, sur le moment, à cet instant précis, tout est parfait. Et l'on n'a pas besoin de savoir que ça ne durera pas, c'est là le grand pouvoir des films, celui de pouvoir cristalliser des moments parfaits à tout jamais.
Je pense sincèrement qu'on devrait avoir la capacité d'arrêter le temps sur des moments parfaits. Parce qu'après, ça part toujours en vrille.
Anya à 15h46 - Archives
Dimanche 07 Juin
|
Humeur : Mélancolique Dernier Ciné : Terminator machin Dernier DVD/TV : The Big Bang Theory Ecouter : To Pluto's Moon - My Brightest Diamond Lire : - Penser : - Projets : - Desktop : - |
Elle remettait son blog à jour
C'est peut-être un détail pour vous
Mais pour elle ça veut dire beaucoup...
Juste parce que ce soir, toute seule dans l'appartement, que même le chat est parti dormir dans son coin, elle a l'impression que les mots viendront plus facilement. Pourquoi ce soir et pas un autre, plus tôt auparavant, par exemple un de ces nombreux jours où elle a essayé en vain d'écrire un quelconque verbiage...pour l'instant elle est trop contente de laisser ses doigts courir sur le clavier pour se poser ces questions. Vite, vite, au cas ou l'instant de grâce repartirait.
Et là elle coince, parce qu'elle ne sait pas par où commencer pour reprendre le récit de ce qu'elle veut bien raconter ici, elle voudrait tout raconter, ouvrir les vannes de ce qui la taraude depuis si longtemps, mais il y a tant à dire et si peu à expliquer en même temps, elle se sent encore si petite...
Elle inspire...
Il lui faut remonter à l'époque des migraines, cette époque, ces mois qui sont flous à présent, comme un rêve qui s'efface petit à petit maintenant que vous vous éveillez. Elle se rappelle de ses mains, ses mains qui tiennent sa tête en proie à des douleurs insupportables, ses mains incontrolables qui frottent, caressent, griffent le dos de celui qu'elle aime sous les crises d'angoisse et de larmes alors qu'il la tient dans ses bras, ces gestes saccadés comme sa respiration qu'elle ne peut ralentir. Elle se rappelle de ces sommeils sans rêves ni repos quand son corps voulait bien lui donner un peu de répit, pour recommencer de plus belle sitôt éveillée. La prostration de ce corps, ses balancements d'avant en arrière, ses doigts qui se tripotent nerveusement et ses yeux dans le vide, n'arrivant plus à penser, se contrôler, ressentir, respirer ni même s'arrêter et pourtant ô combien de fois a-t-elle voulu y mettre fin...
Cela a duré jusqu'à la fin de l'année en diminuant de manière imperceptible. Heureusement, elle a eu le soutien salvateur de sa mère, à qui elle a tout avoué, son inactivité depuis des années, ses mensonges et détours. Une mère aura toujours le coeur prêt à pardonner et c'est avec ses encouragements d'abord timides, souvent maladroits, qu'elle a commencé à voir un psychiatre. Fantôme d'elle-même, la voilà qui raconte à la chaîne à plusieurs professionnels stoïques son histoire, sa famille, son père, sa grand-mère, son Mathieu, sa scolarité...
Elle dort, enfin. Pas plus de 5h par nuit, mais parfois elle arrive à se reposer et les crises de migraines s'estompent légèrement.
Fin février/début mars, elle part en voyage en Thaïlande et au Japon. Elle y fera une rencontre révélatrice et de fil en aiguille, sans trop savoir comment ni pourquoi, elle découvre que son mal-être profond résidait dans une peine ancienne. Alors ma petite, oui il faudra le faire le deuil de ton meilleur ami et non à la fin, on n'aurait pas dû te prendre toi à sa place, ça suffit maintenant. Allez, maintenant, va.
Facile à dire...
C'est à peu près l'état dans lequel je me trouve depuis que je suis rentrée de voyage. Je dors, j'ai de moins en moins de migraines et elle ne sont plus que légères/passagères, je vais bosser un peu, je me fais appeler par mon banquier beaucoup, bref je re(sur)vis.
Mais j'ai toujours l'impression d'être à côté de la plaque. Je pleure encore souvent, j'ai les émotions à fleur de peau et parfois j'ai l'impression de flotter au-dessus de mon corps tellement je ne me sens pas "moi".
Ce moi qui est soutenu par des gens auxquels il tient, mais qui ne sait toujours pas quoi faire de sa petite existence. Qui a envie de serrer fort ses amis quand il les revoit et qui pleure sans pouvoir s'arrêter ensuite quand il voit à quel point il a été laissé loin derrière dans l'accomplissement de la vie. Et pourtant, ce moi se déteste, car il est pétrifié de trouille à l'idée d'avancer, de faire un faux pas pour une énième fois, de se ramasser et arriver à lever la tête juste à temps pour voir les autres loin devant lui.
Je ne fais que vivre au jour le jour, m'agrippant à lui très fort pour me sentir être encore là, mais j'ai l'impression de n'être plus que sable parfois, qui s'écoule inexorablement, qu'on ne peut plus rattraper et qu'on ne fait finalement que ralentir...
Je me fais des films, fantasmant sur ce qui aurait pu être sans oser tourner la tête vers le futur et tenter d'imaginer un lendemain. L'avenir me terrifie, je me complais dans des souvenirs, des loisirs futiles, des activités fugaces. Et le temps passe. Et secrètement elle espère qu'il oublie un jour de l'emporter avec lui.
Elle se roule en boule sous la couette, pleure, rit, oublie, se cramponne à lui et c'est déjà le lendemain et il faut recommencer...
Anya à 02h24 - Archives